Essaimage et ruches en osier

En mai-juin, c’est la crise du logement ! Les abeilles sont très nombreuses (plus de 40 000) ; les ouvrières élèvent alors des larves de reines. Peu avant la naissance des « princesses », la vieille reine quitte la ruche avec une partie des abeilles et crée une nouvelle colonie : c’est l’essaimage.



Nous adorons cette période ! C’est aussi la préférée de Paulette qui est toujours partante pour enfiler sa twin (combinaison de cosmonaute ;-) ) et courir récupérer un essaim dans un arbre ou au coin d’une fenêtre.


Avant la guerre, mon arrière-grand-père agrandissait son cheptel d’abeilles en allant rechercher des essaims chez les paysans de la région, jusqu’en Corrèze. Lesquels paysans savaient se faire de l’argent de poche en allant précisément rechercher ces essaims. Ils les mettaient dans des ruches légères en osier, qu’ils entreposaient dans leur arrière-cour. Puis, une fois qu’ils en avaient collecté quelques dizaines, les fermiers passaient des petites annonces dans le Chasseur Français, pour les revendre aux apiculteurs.


Vous comprenez pourquoi mon arrière-grand-père était un lecteur assidu du Chasseur Français ! Dès qu’il lisait une petite annonce publiée par un paysan habitant pas trop loin du Domaine à Chezelles, il montait à bord de son petit camion américain GMC qui datait de la guerre de 14, et zou, en route ! Une fois, vers 1928 ou 1930, dans la descente de Bessine sur Gartempe, près de Limoges (une descente assez raide), ne voilà-t-il pas qu’un des goujons du GMC saute, et qu’une des roue se met à le doubler ! Imaginez la frayeur. Heureusement, ces camions avaient déjà des roues jumelées, et il y eut plus de peur que de mal. Le forgeron de Bessine sur Gartempe eut vite fait de réparer la roue, je ne suis pas sûr qu’un forgeron puisse réparer ainsi les roues d’une Renault ou d’une Peugeot de nos jours.


Bref, les ruches en osier objet des convoitises de mon grand-père furent bien récupérées et rapportées à Chezelles. Là, comme d’habitude, les rayons de cire déjà construits par les abeilles furent découpés soigneusement et placés dans des ruches en bois, où les abeilles s’installaient avec bonheur. Car pour les abeilles, des ruches en bois par rapport à d’antiques ruches en osier, c’est comme une villa sur la Côte d’Azur par rapport à un cabanon de jardin. Le grand luxe !


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